Richard Séguin

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bois gravé


bois gravé

Le son des songes / L'arbre et le chant / Dimension cachée
bois gravé, 1996-1997
3(59 x 40 cm)

DÉMARCHE

J’entre dans l’atelier,
c’est le matin, ce n’est pas grand, mais il y a de l’espace pour la presse, les murs sont blancs, il y a la fenêtre et sa lumière. Je retrouve l’atelier comme je l’ai laissé la dernière fois, des dessins, des esquisses, des épreuves que j’ai épinglés sur le mur, cet atelier c’est un univers circulaire.
C’est un lieu tranquille, une sonorité qui prend place.
C’est un lieu où le mouvement veille.
C’est un lieu qui m’apporte l’imprévu.

« Le privilège de l’artiste c’est... qu’il continue de penser avec ses mains. » Reverdy écrivait ces lignes en 1937
j’aime cette idée des penser avec ses mains.
Je retrouve mes plaques de carton, je fais un peu de ménage, je regarde le dernier tirage.
J’écris des notes en indiquant le jour et le mois, je prépare le papier... lentement, commence le travail.

J’ai été initié à la gravure sur bois par Yvan Lessard, membre de Xylon, j’ai poursuivi ma recherche avec Peter S.Calvert à l’atelier Daumier, ainsi qu’avec Suzanne Fortin des Ateliers Aubergine dans les Cantons de l'Est. Lors d’un collectif présenté par Peter, l’exposition LEVEE (exposition sur les origines du blues), j’ai fait l’heureuse rencontre de Catherine Farish et Jacinthe Tétrault. Catherine et Jacinthe avaient leur studio à l’Atelier Circulaire c’est là que j’ai découvert la gravure au carborundum une technique mise au point par Henri Goetz, un procédé, qui se rapproche de la peinture et qui permet d’intégrer diverses matières sur la plaque ainsi l’on peut obtenir à l’impression une grande variété de textures.

J’aime tout le processus qui conduit à ce plaisir simple et renouvelé de voir apparaître l’image sur le papier, l’image et son monde, l’image et ses mouvements entre les pensées, le rêve, la volonté et l’imprévu... lentement la gravure se fait en silence.
Mes  gravures sur bois sont souvent des pièces en noir et blanc, parfois d'inspiration amérindienne, parfois un souvenir de l’enfance, parfois une revendication, je ne cherche pas de sujets précis, mais ils y a des structures récurrentes qui apparaissent où l'emblème de la coupole céleste se profile sur la route omniprésente.
Certaines gravures recoupent aussi les thèmes de mes chansons.
Elles sont alors des partitions oniriques qui accompagnent  les mots.

J’aime la gravure et sa matière ; le papier, la préparation des plaques, la pointe sèche, le carborundum, l’encrage,  les langes sur la presse, l’essuyage de la plaque
  ... lentement ma gravure devient alors, une boutade à l’accélération du  temps.
Tout comme on écrit des chansons, les gravures sont faites d'encre, de lumière et de temps.Un monde qui se met à rêver…

Richard Séguin